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Béatrice de Andia : « Les ventes ou les destructions d’églises pourraient être évitées ! »

Tapez sur Google : « Église à vendre ». Une dizaine de réponses s’affichent. Ces ventes émeuvent les chrétiens. Pour Béatrice de Andia, présidente de l’Observatoire du patrimoine religieux, la véritable menace est l’abandon des églises.
C'est le constat que fait Béatrice de Andia, présidente de l'Observatoire du Patrimoine Religieux
Mais plus que les ventes, deux dangers menacent les églises : les destructions sous l’impulsion de maires provocateurs et surtout leur abandon, un phénomène qui passe inaperçu. Pourtant ces églises abandonnées seront de plus en plus nombreuses, car faute d’être occupées et entretenues, elles tomberont en ruine et finiront par être détruites, parce que leur état l’imposera.
Lien vers l'article complet

Tableau de bord du patrimoine religieux pour le mois de juillet 2010

Benoit de Sagazan met à jour régulièrement des statistiques sur les églises de France sur on blog, cela donne une bonne tendance sur l'état du Patrimoine religieux Français.

Tableau de bord du patrimoine religieux

Recensement des églises en France : +54

  • L‘Observatoire du patrimoine religieux recense 40 207 édifices sur 53 départements au 26 juillet 2010, soit 54 édifices de plus qu’en juin 2010
  • Clochers de France recense 31 956 édifices sur 22816 communes au 26 juillet 2010, soit 274 de plus qu’en juin 2010
  • 40 000 clochers recense 30 982 églises, au 26 juillet 2010, soit 375 édifices de plus qu’en juin 2010
  • La base mérimée, établie par les services de l’Inventaire du ministère de la Culture, propose une liste de 25 072 églises d’intérêt patrimonial (basiliques, cathédrales, primatiale, chapelle, collégiales, églises paroissiales, temples protestants …), soit le même nombre dédifices qu’en mai 2010

Églises menacées ou démolies : +2

Au 26 juillet 2010, ont été recensées sur Patrimoine-en-blog 111 églises en danger et 11 récemment démolies figurent dans cette liste. 3 églises sont sauvées de la démolition mais leur avenir n’est pas totalement assuré (Dreuil-Hamel, Abbeville et Plounérin)

Ont été récemment ajoutées à la liste :

  • Bréhal (Manche) Une partie du clocher risque de s’effondrer : la commune paralysée – Ouest-France 19 juillet 2010
  • Ruffey-sur-Seille (Jura) : le clocher de l’église va perdre la tête – Le Progrès 17 juillet 2010
  • Hocquinghen L’eglise Saint-Omer, qui date du XVIIIe siecle est en cours de restauration – La Voix du Nord 21 juillet 2010
  • WATTEN L’église Saint-Gilles, rénovée il y a trois ans, se visite – La Voix du Nord 19 juillet 2010

Lire le détail par département

Églises en cours de restauration : + 4

232 églises restaurées ou en cours de restauration ont été inscrites dans cette liste dressée par Patrimoine-en-blog (liste établie depuis novembre 2009). Dernière(s) ajoutée(s) :

  • Pont-l’Abbé ( Finistère) Une souscription pour sauvegarder l’église – Le Télégramme 23 juillet 2010

  • Lavaur (Tarn) Saint-Alain va se refaire une beauté – La Depeche.fr 6 juillet 2010

  • Hocquinghen L’eglise Saint-Omer, qui date du XVIIIe siecle est en cours de restauration – La Voix du Nord 21 juillet 2010

  • WATTEN L’église Saint-Gilles, rénovée il y a trois ans, se visite – La Voix du Nord 19 juillet 2010

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Oratoires et croix de chemin : +195

L’ association Connaissance et Sauvegarde des Oratoires recense en France 4 901 les Oratoires, Croix, Calvaires, Arbres sacrés, Chemins de croix, Ex-voto, et autres petits patrimoines religieux chrétiens en France, au 26 juillet 2010, soit 195 de plus qu’en juin 2010

Églises à vendre : 8

Au 26 juillet 2010 j’ai recensé huit églises à vendre, certaines ayant été réaménagées en logement. Elles se situent dans le Nord, l’Hérault, le Calvados, L’Eure, la Bourgogne, les Cévennes, l’Allier et l’Yonne…

Lire le détail

Le seuil de la centaine d’églises menacées est atteint !

Hélas, trois hélas, le seuil de la centaine d’églises menacées recensées sur ce blog vient d’être atteint. je reste malheuresement persuadé que toutes n’y figurent pas. Merci aux lecteurs de Patrimoine-en-blog, gardiens vigilents du patrimoine, d’avoir su m’alerter pour un grand nombre d’entre elles.

Ont récemment été ajoutées à la liste :

  • église St Jacques à Abbeville, signalée par une lectrice du blog le 26 février 2010
  • Lunel. Quel avenir pour l’église St-Paul ? (Midi Libre 21 février 2010)
  • Notre-Dame-de-Riez en Vendée ( Ouest-France 13 février 2010)

Consulter la liste classée par département

Benoit de Sagazan

Actualité: Les préfets de Sarkozy vont pouvoir vendre les cathédrales

Les journaux («Journal des arts», «Le Monde», «la Tribune de l’Art») qui évoquent l’affaire sont rares et semblent hélas inaudibles, puisque les réactions sont fort peu nombreuses et pourtant l’heure est grave et le péril imminent.

Au détour de l’article 52 de la loi de finances 2010 se profile clairement la destruction par l’état sarkozyste de plus de deux siècles de protection du patrimoine national. C’est en effet en 1794 que l’abbé Grégoire, s’en prenant au vandalisme révolutionnaire (« Je créai le mot pour tuer la chose » disait-t-il), affirme l’existence d’un patrimoine collectif que la Nation a pour mission de protéger : « le respect public doit entourer particulièrement les objets nationaux qui, n’étant à personne sont la propriété de tous ». La Convention décide dans la foulée de protéger « les objets qui intéressent les arts, l’histoire et l’instruction ». Guizot en 1830 crée le premier poste d’inspecteur des monuments historiques, poste que Mérimée occupera avec passion de 1834 à 1853, jetant les fondements de la protection par l’Etat des monuments importants et instituant à cette fin le classement des édifices. Les régimes politiques successifs ont tous depuis poursuivi ce processus de sauvegarde par l’Etat des œuvres patrimoniales dont la définition s’est étendue de façon exponentielle au XXème siècle : aux bâtiments anciens sont venus s’ajouter des créations contemporaines, des témoins de la mémoire industrielle, des jardins et, plus récemment encore, des « lieux de mémoire » (mur des fédérés, Oradour sur Glane…). Le succès, qui ne se dément pas depuis leur création en 1984, des journées du patrimoine, témoigne de l’adhésion des Français à l’idée d’un patrimoine commun à protéger.

Déjà en 2003 Jean-Jacques Aillagon avait autorisé la cession de certains monuments aux collectivités territoriales mais, outre que peu d’entre elles s’étaient empressées d’acheter des édifices d’un entretien souvent coûteux, le ministre de la culture avait alors limité très précisément les possibilités pour l’Etat de se défaire de son patrimoine. Or l’article 52 de la loi de finances élargit le périmètre des monuments et sites transférables, qui ne sera plus limité à une liste fixée par décret et couvrira dès 2010 la totalité des monuments appartenant à l'Etat et à l'ensemble de ses établissements publics, en outre l’Etat pourra maintenant se défaire aussi des objets mobiliers classés. On peut à première lecture se dire que, si l’Etat cède son patrimoine aux collectivités territoriale il n’ y a que moindre mal, sauf que, la loi étant muette, rien n’interdira aux dites collectivités de pratiquer un nouveau transfert au profit d’une entreprise culturelle à visée commerciale ou même d’un particulier. Enfin il est essentiel de signaler que seul le préfet aura à se prononcer sur les cessions, le ministère de la culture, pourtant concerné au premier chef, n’ayant pas à être consulté. Une partie de l’UMP s’en réjouit ouvertement et le rapporteur spécial de la commission des finances du sénat, Yann Gaillard, a ces mots qui dévoilent la logique à l’œuvre : ce processus « s'inscrit dans la droite ligne de la « désétatisation » du patrimoine monumental …préconisée dans [un] rapport de 2002 sur le patrimoine monumental. De fait, c'est à la société tout entière qu'il appartient de conserver et d'entretenir le patrimoine, l'Etat ne pouvant se prévaloir d'aucun monopole en la matière. » Cette distinction entre Etat et société toute entière, signe tout simplement l’arrêt de mort de la politique patrimoniale nationale. L’extrême gravité de cette décision explique la réaction inquiète de quelques députés de droite comme Nicolas Perruchot, rapporteur spécial de la commission des finances de l’Assemblée Nationale qui, ne voulant pas s’opposer à la logique libérale en action, propose d’au moins « recenser, au sein d’une « liste négative » les éléments du patrimoine national non transférables ». Ainsi l’Arc de Triomphe, Versailles, les Invalides ou le Louvre (ce sont les exemples cités par Nicolas Perruchot) seraient déclarés « non transférables « mais on pourrait très bien imaginer qu’un préfet accepte de se défaire de la cathédrale de Chartres, de la colonne Vendôme ou du pont du Gard, voire du Mont Saint Michel si cher au cœur de Nicolas Sarkozy.

A l’heure où le président se gargarise de l’identité nationale, évoque le lien charnel des Français avec la terre et les morts, exige un musée consacré à l’Histoire nationale, on voit clairement que la logique libérale l’emporte, chez lui comme dans son parti, sur l’attachement de la Nation à son patrimoine, qu’il fait fi de toute la tradition française dans ce domaine et qu’en réalité son soi-disant attachement à notre passé ne constitue qu’un fonds de commerce électoral.

Lien vers la tribune de l’art :

http://www.latribunedelart.com/Patrimoine/Patrimoine_2009/Decentralisation_Monuments_550.htm

Intervention au Sénat de Yann Gaillard :

http://www.senat.fr/rap/l09-101-37/l09-101-37_mono.html#toc174

Observations de Nicolas Perruchot :

http://www.assemblee-nationale.fr/13/budget/plf2010/b1967-tIII-a9.asp

Auteur:
Marie Lavin

L'église abbatiale de Thiron-Gardais (Eure-et-Loir) en danger !

Depuis une dizaine d'années, les communes du Perche Thironnais se sont enthousiasmées pour le site du Domaine de l'Abbaye de Thiron-Gardais et elles ont décidé d'en faire un site touristique. Le maire de Thiron-Gardais, membre de l'Association des Journalistes du Patrimoine, a fait parvenir à l'association quelques sérieuses inquiétudes au sujet de l'abbatiale.

Abbaye de Thiron-Gardais 28L'église abbatiale est l'une des plus grandes nefs de la région et toujours vouée au culte. Elle est un lieu de pèlerinage sur le chemin de Chartres au Mont Saint-Michel. Fondée en 1114 ! En 1786, incendie du cloitre et disparition de la bibliothèque du monastère (2000 ouvrages). En 1912, classement de l'église abbatiale au titre des Monuments Historiques. Aux portes du Perche, le bourg de Thiron-Gardais est né de l'implantation d'une abbaye fondée par Bernard de Ponthieu. L'ancienne abbaye de la Sainte-Trinité de Tiron exerça son influence dans toute la moitié nord de la France et jusqu'aux Hautes-Terres d'Écosse. En effet, au 12ème siècle, alors que l'abbaye de Thiron est en construction depuis 1114, son rayonnement est tel qu'elle reçoit de nombreux dons, et exerce son autorité sur vingt-deux abbayes et plus d'une centaine de prieurés. L'ordre de Thiron suivait la stricte observance des règles de saint Benoît. Cette prospérité et ce rayonnement sont tombés dans l'oubli et il ne reste pour témoin, que la longue nef romane de l'église abbatiale, la grange aux dîmes, le collège militaire ou les dépendances. Mais son histoire est partout et les jardins du Parc de l'Abbaye sont marqués de la présence de l'Ordre. La Grange aux Dîmes a reçu le prix départemental "Les Rubans du Patrimoine" pour sa réhabilitation. Il ya encore, les jardins thématiques, le Collège Royal Militaire, une magnifique bâtisse du XVIIème siècle, en attente d'un projet touristique. Enfin, l'étang des moines, un plan d'eau de 7 hectares aménagé.

Actuellement, l'église abbatiale est en danger. Le mur Nord se déporte vers l'extérieur de 1mm par an et deux contreforts du 19ème ne supportent plus le mur mais jouent l'effet inverse. Bref, pour réaliser les travaux, il faudrait environ 2,5 millions d'euros. Le projet de reconstitution de la galerie du cloître permettrait de soutenir le bâtiment et sauver l'édifice de l'éboulement pur et simple.

Site de la mairie : http://mairie-thiron-gardais.fr/

Atelier : Agir pour les églises - Abbaye de Beauport (22) le 22 janvier 2010

Atelier d'information juridique organisé par la Fnassem en collaboration avec la délégation Fnassem Bretagne. L'atelier aura lieu à l'Abbaye de Beauport à Paimpol (Côtes-d'Armor) le vendredi 22 janvier 2010 et se prolongera le samedi 23 janvier 2010 par une journée de visites.

Aujourd'hui, il y a consensus en France pour considérer que les églises, et en particulier les églises rurales, sont un signe identitaire fort : qui, croyant ou non, n'est pas attaché à son clocher ? Lieu de culte mais aussi lieu d'expression du sentiment collectif, les églises sont chères au cœur des habitants, et de plus en plus de touristes sont attirés par la richesse de ce patrimoine. L'Etat, l'Eglise catholique et les collectivités locales, tous s'accordent à dire qu'il faut restaurer et entretenir ces édifices et les garder ouverts. Pourtant, leur avenir est incertain. Alors comment agir ? Quel rôle peuvent tenir les associations ? Quelles rapports entretiennent-elles avec le maire, le curé et les autres acteurs ? Restaurer, oui mais avec quelle aide technique et quel financement ? Enfin, comment faire vivre ces édifices ? Telles sont les questions auxquelles les différents intervenants tenteront de répondre au cours de cette journée.

PROGRAMME

Atelier animé par le Bâtonnier Alain de la Bretesche, président de l'association des Journées Juridiques du Patrimoine, secrétaire général de la FNASSEM et de l'Observatoire du Patrimoine Religieux (OPR)

Chapelle St-Jérôme de La Salle à Lanmérin (22)

9h - Accueil / Laurence Meiffret, directrice de l'Abbaye de Beauport

9h05 - Introduction / Kléber Rossillon, président de la FNASSEM

9h15 - Le statut juridique des édifices cultuels / Maître de la Bretesche
- Edifices construits avant la loi de séparation de l'Eglise et de l'Etat (1905)
- Edifices construits après 1905, les différents régimes de protection
- Circulaire du ministère de l'Intérieur du 25 mai 2009
- Exemples jurisprudence

10h15 - Eglises et chapelles : état des lieux / Béatrice de Andia, présidente de l'Observatoire du patrimoine religieux (OPR)
- Statistiques de l'OPR sur la situation des édifices cultuels en France et plus particulièrement en Bretagne
- Une action de l'OPR : "Ma pierre à l'édifice", un concours pour sensibiliser les collégiens bretons et leur permettre de mieux connaître et appréhender le patrimoine religieux architectural

10h45 - Pause

11h - Le rôle moteur des associations
- Les outils juridiques pour agir / Maître de la Bretesche
- Table ronde : relations avec les divers interlocuteurs (maire, curé, etc.) au travers d'un exemple de restauration d'une église en pays de Trégor-Goëlo

11h30 - Les aides à la restauration des églises et chapelles (1ère partie)
- L'action de la Fondation du Patrimoine en faveur du patrimoine religieux / Benjamin Mermet, responsable national des souscriptions, et des représentants de la délégation Bretagne de la Fondation du Patrimoine
- Quelques exemples d'aide à la restauration du patrimoine religieux breton / Olivier de Rohan-Chabot, président de la Sauvegarde de l'Art Français et membre de droit de l'OPR
- Les aides fiscales aux particuliers et aux entreprises / Maître de la Bretesche

13h - Déjeuner

14h - Visite de l'Abbaye de Beauport

14h45 - Les aides à la restauration des églises et chapelles (2ème partie)
- Les aides techniques / Stéphane Aubertin, Architecte des Bâtiments de France au Service Départemental de l'Architecture et du Patrimoine (SDAP 22)
- Quelques exemples de chantier de restauration en Bretagne (église protégée / non protégée)

15h45 - Les actions culturelles dans les églises et chapelles
- Faire connaître les églises par des visites et des conférences, former les bénévoles / Gusti Hervé, président de la Sauvegarde du Patrimoine Religieux En Vie (SPREV), membre de la commission d'art sacré du diocèse de Quimper
- Régime d'utilisation extra-cultuelle : concerts, expositions, foire...
- Exemples d'animations dans les chapelles bretonnes
- La position de l'Eglise Catholique sur les manifestations culturelles

17h15 - Conclusions

Télécharger le pré-programme et le bulletin d'inscription

Renseignements auprès d'Anne Le Clésiau au 01 41 18 50 70 ou par mail contact@associations-patrimoine.org
Inscription avant le 8 janvier 2010 - Nombre de places limitées

Entrait sculpté - Chapelle Saint-Jérôme de La Salle à Lanmérin (22)

PROLONGATION DE L'ATELIER

Vendredi 22 janvier 2010 : animation en fin de journée et dîner

Samedi 23 janvier 2010 : visites commentées d'édifices religieux

Chapelle Saint-Gonéry à Plougrescant 22

Chapelle Saint-Gonéry à Plougrescant (photos ci-contre)
Cathédrale, cloître et trésor de Tréguier
Chapelle du Petit Saint-Loup à Plouézec
Eglise de Lanloup
Chapelle de Kermaria-Nisquit
Temple de Lanleff
Chapelle du Paradis à Pommerit-le-Vicomte

Pelerin.info : La fin d'une politique du patrimoine ?

Rentrée bien maussade pour le monde du patrimoine historique. On avait pourtant l'impression ces dernier mois que des prises de conscience s'opéraient, qu'une véritable volonté politique se constituait enfin pour assurer à ce secteur culturel et économique les moyens décents de (sur)vivre, voir de se développer.
Et voilà, les belles paroles évanouies, la réalité réapparait avec son triste visage, comme revient un cauchemar qu'on espérait conjuré.
Les chiffres parlent et font froid dans le dos :

A périmètre constant, le budget de l'État consacré aux monuments historiques est passé de 380,8 millions d'euros de crédits de paiement en 2007 à 303,8 millions d'euros en 2008, soit une baisse de 20%;

Les crédits de l'État alloués en 2008 aux Directions régionales des affaires culturelles (DRAC) ont baissé de -20 à -40% par rapport à 2007;

Les communes de moins de 2000 habitants qui concentrent 65% des monuments en péril sont délaissées au profit des des grands chantiers et des grandes villes;

L'endettement des DRAC qui représentent deux années de crédits engagés culmine à hauteur de 600 millions d'euros. Les DRAC de Rhône-Alpes et de Bourgogne doivent renoncer à tout nouvelle commande de chantier, faute de crédit;

On compte aujourd'hui 41% de monuments classés en état défectueux contre 32% en 2002;

L'aide publique aux monuments historiques privés, soit la moitié du patrimoine historique français, ne cesse de décroitre pour toucher un plancher de 7%...

Ajoutons à cela,
des mesures en faveur du mécénat qui pourraient être positives (malgré le fait qu'elles ne soient guère avantageuses pour les petites et moyennes entreprises) mais dont on attend toujours les décrets d'application,

des menaces qui pèsent sur la fiscalité, (alors que que cette défiscalisation qui coute actuellement 33 millions d'euros au budget de l'État, apporte par ailleurs en recette fiscales 92 millions d'euros à l'État et aux collectivités locales par les impôts directs et les cotisations sociales générées l'activité des monuments),

l'absence de visibilité et de financement pérenne, souvent annoncé jamais concrétisé...

Autrement dit, selon les entrepreneurs du patrimoine, représenté par La Demeure Historique et le groupement français des entreprises de restauration de monuments historiques (GMH) : "On ne prépare plus l'avenir et on n'assure plus le présent"

Même inquiétude recueillie auprès d'une autre association patrimoniale, Vieilles Maisons Françaises qui réclame " une mesure d’apurement financier par une recette exceptionnelle, telle la cession d’actifs immobiliers ou financiers de l’Etat"<:i> pour combler l'endettement des DRAC, et la création "d’une ressource nouvelle et durable, provenant par exemple de la taxation des jeux de hasard".

Pour sortir de ce gouffre, les associations du patrimoine en appellent la tenue d'une conférence sur l'avenir d'une patrimoine qui réunirait tous les acteurs de ce secteur. Une sorte de "Grenelle du patrimoine". Les solutions existent et certaines font déjà l'objet de consensus entre acteurs économiques et politiques. Promise par le ministère de la culture, mais sans cesse repoussée, la tenue de cette conférence apparait chaque jour plus urgente et rend le silence de la rue de Valois incompréhensible.

Pendant ce temps, un autre ministre montre tout son intérêt pour ce secteur qui ne manque pas d'atouts économiques. Il s'agit d'Hervé Novelli, secrétaire d’Etat chargé du commerce, de l’artisanat, des petites et moyennes entreprises, du tourisme et des services. Il a multiplié récemment les signes d'intérêt pour les liens qu'entretiennent patrimoine et tourisme culturel. Des liens qu'il entend développer.
Un intérêt explicite et encourageant qui poussent certains acteurs du patrimoine à rêver, pour l'instant à voix basse, d'un changement de tutelle.

Alors que que le ministère de la Culture s'apprête une fois de plus à se réjouir du succès populaire que vont rencontrer les 20 et 21 septembre les Journée européennes du patrimoine, peut-il encore longtemps se réfugier dans le silence ou les annonces velléitaires ? Ce n'est pas parce qu'on a pas d'argent qu'on ne peut pas avoir des idées.

Benoit de Sagazan Pelerin.info

Lire également toutes les notes précédentes qui concernent la politique du patrimoine et qui recoupent plusieurs points abordés ci-dessus

La lente agonie de l'Abbaye de l'Etanche (Meuse)

Abbaye de l'Etanche (Meuse)L'abbaye de l'Etanche est située dans un vallon isolé près du village de Deuxnouds-aux-Bois (commune de Lamorville) en Meuse, à quelques kilomètres au nord du lac de Madine.

Délaissée depuis plusieurs décennies, son agonie fait peine à voir.

Il s'agit pourtant d'un ensemble du 18ème siècle siècle intéressant et esthétique dans un milieu naturel très agréable qui aurait toutes ses chances de séduire des visiteurs, des touristes, des randonneurs...

Seuls de rares squatters et pilleurs ont pris la peine de visiter et de dégrader lâchement ce monument qui fait partie du patrimoine lorrain et se devrait d'être mis en valeur.

Abbaye de l'Etanche (Meuse)Il y a un problème du côté du propriétaire (pourtant aisé) qui se refuse à tout travaux et donc à la mise en valeur de ce patrimoine qui se meure. Pourtant, la mairie et des investisseurs ont voulu rénover et faire revivre ce lieu à travers nombre de projets mais le propriétaire reste sourd et ne désire pas vendre non plus...

Ce bâtiment classé MH risque donc de disparaître faute de conscience globale et de pouvoirs publics à même d'avoir les assises pour faire des travaux de force (commune très rurale d'une Meuse assez pauvre aujourd'hui avec une abbaye isolée dont la rénovation et la mise en sécurité seraient chères).

Qu'importe, il faut que le plus grand nombre prenne conscience de ces dommages et que le courant s'inverse pour garder un joyaux du patrimoine de Lorraine.

Anthony Koenig
sur FNASSEM

Patrimoine en péril: 40 églises en péril ou récemment démolies

La question d'une liste des églises en péril est souvent demandée. Cette liste officielle n'existant pas, Benoit de Sagazan propose celle-ci sur son blog, qu'il complète au gré des découvertes.

Elle ne compte que les églises nommément désignées comme menacées ou récemment démolies (après 2000).

Ses églises sont menacées soit par négligence et faute d'entretien, soit par panne des crédits de restauration. Rares sont les cas de malveillance notoire.

A ce jour 40 églises menacées ou récemment démolies figurent dans cette liste.Voir la liste des églises sur le blog

En Espagne, l'association Amigos del Romanico publie sur son site une liste similaire de monuments Romans (SOS Romanico)



Conférence : Les Eglises menacées par Béatrice de Andia

Lundi 19 mai à 18h30, à la Mairie du 7ème (116 rue de Grenelle 75007 Paris), Béatrice de Andia, présidente fondarice de l'Observatoire du Patrimoine religieux, interviendra sur "Les églises menacées" à partir de la communication qu'elle avait présentée à l’Académie des Beaux Arts le 6 février 2008 .

Les églises de nos campagnes sont menacées et leur avenir semblerait compromis si les crises religieuses, politiques et philosophiques qui frappent périodiquement la France, n’étaient pas toujours suivies de renouveaux spirituels et bâtisseurs.
Après le temps des destructions, vient le temps des constructions ou reconstructions. L’histoire chahutée des sanctuaires de France est à cet égard représentative. Ses convulsions permettront d’analyser la crise actuelle et l’espoir d’un revirement. Les démarches et bilans de l’OPR en sont la conséquence.

Pour plus d’informations contacter
L’Observatoire du Patrimoine Religieux : 01 42 88 10 89

Rapport sur l'état du parc monumental français

le 25 janvier 2008, le ministère de la Culutre mettait en ligne le rapport très attendu sur l'état sanitaire du parc monumental français, autrement des immeubles classés au tire des monuments historiques.
Rapport qui avait été remis à la ministre en décembre 2007.

Lire le rapport (en date du 25 janvier 2008)

Eglises en péril - clochers en périls

Alain Guinberteau, l'auteur de 40.000 clochers, vient d'ouvrir un nouveau site consacré exclusivement aux églises menacées de destruction. Clochers en péril a pour objectif d'informer de ces menaces, afin que les maires ne puissent pas agir dans le silence.

"En France, les budgets de rénovation étant à la charge des mairies depuis 1905, la tentation est grande de faire une croix sur le patrimoine architectural afin de construire un oratoire moderne, aseptisé et de petite dimension, pour les rares pratiquants du culte qui retrouvent ainsi une ferveur perdue dans l’immensité froide de l’ancienne église.

Cette séparation de l’église et de l’état en 1905 aboutit aujourd’hui à une seconde séparation : patrimoine et lieu de culte."

L'Anjou détruit ses églises

Les historiens de l'art ne peuvent se désintéresser de l'objet de leur étude. Les églises que l'on veut détruire du côté d'Angers ont toutes, à un titre ou à un autre, un intérêt artistique. Celle de Gesté est particulièrement belle comme le prouve cette photo. Sa destruction serait pire qu'un acte de vandalisme. Si ce phénomène n'est pas tué dans l'œuf, la France entière, demain, sera concernée. Tout le monde doit réagir et, face à l'indifférence de beaucoup, protester énergiquement contre de tels.

Un article paru dans Le Figaro du 18 mai 2007 nous apprend que deux autres édifices religieux doivent être détruits à quelques kilomètres à peine de ce village. Non pas détruits, d'ailleurs, mais déconstruits, selon le nouveau vocabulaire que des élus honteux ont inventé pour cacher la gravité de leurs actes. Nous nous sommes rendu sur place pour essayer de comprendre ce qui se passe dans les Mauges, cette petite partie de l'Anjou qui risque, si l'on n'y prend garde, de servir d'exemple au reste de la France.

L'église Saint-Pierre-aux-Liens de Gesté surplombe le village, et l'on peut à bon droit affirmer que celui-ci n'a d'identité et d'intérêt qu'à travers elle. Incendiée en 1793-1794, elle fut en partie restaurée en 1800. Elle devint propriété de la commune dès 1814, et en 1844-1854 la nef fut édifiée en style classique par l'architecte Ferdinand Lachese. De 1862 à 1864, le chœur fut reconstruit en style gothique par l'architecte Alfred Tessier. Cela lui donne extérieurement un aspect composite, dominé par son chœur et son transept néo-gothiques reposant sur une crypte (ill. 9). L'état ne semble aucunement désastreux, d'autant que les piliers intérieurs sont en granit. Il est évident en revanche, et toutes les personnes interrogées sur place nous l'ont confirmé, qu'elle n'a pas été entretenue depuis de nombreuses années. La messe y est toujours célébrée.

Source : Didier Rykner sur La Tribune de L'Art, y lire la suite de l'histoire et les réactions des communautés locales

http://www.latribunedelart.com/Patrimoine/Patrimoine_2007/Eglises_Detruites_516.htm